Photo IABiscuit haut et moelleux (sans levure chimique)
Un biscuit haut et moelleux, qui lève sans levure chimique grâce aux œufs bien battus.
Les étiquettes sont déterminées automatiquement à partir des ingrédients et peuvent être incorrectes. Vérifiez l'emballage si cela est important pour vous.
Ingrédients

- 4 pièces Œufs à température ambiante
- 100 g Sucre
- 65 g Fécule de pomme de terre
- 65 g Farine
Étapes
Cassez les œufs à température ambiante, ajoutez le sucre et battez au batteur électrique pendant 10 à 15 minutes, jusqu'à ce que le mélange devienne clair, mousseux et aérien.
15 minDans un récipient à part, tamisez la farine et la fécule de pomme de terre, mélangez, puis incorporez progressivement aux œufs battus, en remuant délicatement à la spatule de bas en haut.
Versez la pâte dans un moule de 22 cm de diamètre, beurré et fariné.
Faites cuire dans un four préchauffé en chaleur tournante à 180 °C pendant environ 25 minutes, sans ouvrir la porte les 20 premières minutes.
25 minVérifiez la cuisson à l'aide d'un pic en bois à la fin : il doit ressortir sec ou avec quelques miettes sèches.
Sortez le biscuit du four et laissez-le refroidir complètement sur une grille.
Ce biscuit n'a ni levure chimique ni bicarbonate. Tout son volume vient d'une seule chose : l'air qu'on a réussi à enfermer dans les œufs battus avec le sucre. C'est un biscuit "génoise" dans l'esprit, et sa réussite se joue entièrement avant d'allumer le four. Après, le four ne fait que figer ce qui a été construit au batteur.
Battre dix à quinze minutes, ce n'est pas une corvée gratuite : c'est le temps qu'il faut pour que les œufs, chargés de minuscules bulles, passent d'un jaune liquide à une masse claire, presque blanchie, qui double ou triple de volume et qui, quand on soulève le fouet, laisse un ruban qui met deux ou trois secondes à se fondre dans le reste. Avant ce stade, la pâte est juste de l'œuf sucré ; à ce stade, c'est une mousse tenue par un réseau de protéines coagulées autour de l'air. C'est ce réseau, et rien d'autre, qui va porter la farine.
Pourquoi des œufs à température ambiante, et pas sortis du frigo ? Un œuf froid est plus visqueux, il emprisonne l'air moins vite et moins bien : vous battrez plus longtemps pour un résultat plus pauvre. Sortez-les une heure avant, ou trempez-les dix minutes dans l'eau tiède si vous avez oublié.
La fécule de pomme de terre à côté de la farine, ce n'est pas un hasard de placard : la farine apporte le gluten qui tient la structure, la fécule n'en a pas et allège la mie, la rend plus fine, presque fondante. On ne la remplace pas par plus de farine sous peine d'un biscuit plus dense et plus sec ; à défaut de fécule de pomme de terre, une fécule de maïs fait un travail très proche.
Le vrai moment de vérité arrive après le fouet : incorporer la farine et la fécule sans tout casser. On les tamise ensemble pour éviter les grumeaux qui obligeraient à trop remuer plus tard, et on les ajoute en pluie, un peu à la fois, à la spatule, toujours du bas vers le haut. Le geste "de bas en haut" n'est pas un style, c'est de la mécanique : il fait remonter la masse légère sans écraser les bulles d'air qu'on vient de fabriquer. Remuer en cercle, façon vinaigrette, chasse l'air par le fond et vous rend un biscuit plat et compact, celui qu'on croit raté parce qu'"il n'a pas monté", alors qu'il a juste été dégonflé à la cuillère.
Le moule beurré et fariné sert à deux choses à la fois : empêcher que ça colle, et donner un léger grain d'accroche sur les parois pour que la pâte, en gonflant, grimpe le long du bord au lieu de glisser et de retomber au centre. Un moule en silicone, sans ce grip, donne souvent un biscuit moins haut pour cette raison précise.
Côté four : 180 °C en chaleur tournante, c'est une température qui fait lever la pâte progressivement, assez lentement pour que l'intérieur cuise avant que la croûte ne se referme trop vite dessus. N'ouvrez pas la porte les vingt premières minutes, non par superstition mais parce qu'un appel d'air froid fait retomber brutalement un réseau de bulles encore instable, exactement comme un soufflé. Sur une plaque domestique, chaque four chauffe un peu différemment : fiez-vous moins à la minute affichée qu'au repère donné, le pic en bois qui ressort sec. S'il ressort humide, remettez cinq minutes, porte fermée, et revérifiez.
Le sucre, dans cette recette, ne fait pas que sucrer : il stabilise la mousse d'œufs en se dissolvant progressivement pendant le battage, ce qui rend les bulles plus solides et retarde leur affaissement. Un sucre fin se dissout plus vite qu'un sucre cristallisé grossier ; si vous n'avez que du sucre en morceaux, passez-le au mixeur avant.
Laisser refroidir complètement sur une grille, et non dans le moule posé sur le plan de travail, évite que la vapeur encore enfermée ne retombe en condensation sous le biscuit et ne le détrempe par en dessous. La patience, ici, est un ingrédient à part entière : au batteur comme au sortir du four, c'est elle qui décide si le biscuit tient debout ou s'effondre sur lui-même une fois tiède.
Certains disent qu'on peut remplacer le batteur électrique par un fouet à main pour gagner du temps : non, parce qu'un fouet à main n'apporte jamais assez d'énergie mécanique assez vite pour incorporer autant d'air en quinze minutes sans se fatiguer le bras avant d'y arriver ; le résultat est systématiquement un biscuit plus bas et plus dense, pas par manque de goût, mais par manque de bulles.