Photo IARiz au lait froid
Un dessert crémeux de riz au lait vanillé, agrémenté d'amandes et de crème fouettée, à préparer la veille.
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Ingrédients
- 1 l Lait
- 180 g Riz rond
- 1 pièces Gousse de vanille
- 70 g Sucre
- 100 g Amande
- 1 pincée Sel
- 400 ml Crème fleurette
Étapes
Versez le lait et le riz dans une casserole et portez lentement à ébullition en remuant constamment.
Baissez le feu au minimum, remuez quelques minutes puis couvrez la casserole.
Fendez la gousse de vanille dans la longueur et grattez les graines, mélangez-les avec le sucre.
Ajoutez le sucre, les graines de vanille et la gousse dans la casserole, mélangez et laissez mijoter doucement le riz 45 à 50 minutes.
48 minRetirez la gousse de vanille de la préparation.
Versez de l'eau bouillante sur les amandes et laissez infuser 10 minutes.
10 minÉgouttez, versez à nouveau de l'eau bouillante et laissez reposer 2 minutes.
2 minÉgouttez, retirez la peau des amandes et hachez-les grossièrement.
Ajoutez les amandes épluchées et hachées ainsi que le sel dans le riz.
Laissez refroidir complètement la préparation au réfrigérateur pendant quelques heures ou jusqu'au lendemain.
180 minFouettez la crème jusqu'à obtenir une mousse légère et incorporez-la au riz avant de servir, ou environ 1 heure avant de servir.
60 min
Un riz au lait, ça n'a rien d'un dessert sophistiqué, c'est même le contraire : c'est un amidon qu'on noie lentement dans du lait pour qu'il boive, gonfle, et libère sa propre crème. Toute la réussite tient dans ce verbe « boire ». Le riz rond, variété courte et bombée type arborio ou riz à risotto, a une amidon différent du riz long : il relâche son amidon dans le liquide au lieu de rester sec grain par grain. C'est exactement ce qu'on cherche ici, et c'est pour ça qu'un riz long ferait un riz au lait raté, granuleux, chaque grain isolé comme dans un riz cantonais.
La cuisson se fait en deux temps, et le premier temps, l'ébullition en remuant, n'est pas cosmétique : le lait qui monte a tendance à attacher au fond dès que la casserole chauffe fort, surtout sur une plaque électrique domestique où la chaleur reste localisée sous la casserole bien après qu'on ait baissé le bouton. Remuer, c'est décoller ce qui commence à coller avant que ça brûle et donne un goût de lait cramé à tout le riz. Une fois que ça a pris le bouillon, on baisse au minimum : ce qu'on veut, c'est un frémissement à peine visible, deux ou trois bulles qui remontent paresseusement, pas un bouillon qui tourne en ragoût. Le riz doit cuire sans violence, sinon il éclate en surface et libère trop d'amidon d'un coup, ce qui donne une bouillie collante au lieu d'un grain tendre noyé dans une crème onctueuse.
Le lait, prenez-le entier. Un lait demi-écrémé donnera un riz plus maigre, moins nappant, parce que la matière grasse participe autant que l'amidon à la texture crémeuse finale. Pas de lait végétal ici sans accepter de changer la nature du plat : ces laits-là n'ont pas la même teneur en protéines ni en gras, le riz n'accrochera pas pareil.
La vanille en gousse, on la fend et on gratte les graines pour qu'elles infusent directement dans le sucre avant d'aller dans la casserole : mélanger les graines au sucre avant évite qu'elles ne restent collées en grappe dans le lait, elles se dispersent mieux portées par les grains de sucre. La gousse elle-même continue de parfumer pendant toute la cuisson, c'est pour ça qu'on l'ajoute avec le reste et qu'on ne la retire qu'à la fin : elle a eu le temps de rendre tout ce qu'elle avait à donner. À défaut de gousse, un extrait de vanille liquide de qualité convient, mais c'est un parfum plus plat, sans les petits points noirs qui signalent au palais et à l'œil qu'il y a de la vraie vanille.
Les amandes, le double blanchiment à l'eau bouillante sert uniquement à décoller la peau brune, pas à les cuire : la peau contient des tanins amers qui, si on les laisse, donnent un arrière-goût âpre au milieu d'un dessert censé être rond et doux. On les hache grossièrement après, pas en poudre, parce qu'on cherche un petit croquant qui contraste avec le moelleux du riz, pas une texture qui se noie dedans. À défaut d'amandes fraîches à éplucher, des amandes déjà émondées du commerce font l'affaire et vous épargnent cette étape, sans perte de goût notable.
Le passage au froid n'est pas un détail de logistique, c'est un ingrédient à part entière : à chaud, l'amidon du riz est encore en train de se réorganiser, le mélange paraît liquide et décevant. En refroidissant plusieurs heures, l'amidon rétrograde, c'est-à-dire que les chaînes de glucose qui s'étaient dépliées sous la chaleur se replient et emprisonnent l'eau, ce qui donne cette tenue ferme et cette crème dense qu'on attend d'un bon riz au lait froid. Vouloir servir ça tiède, c'est se priver de cette texture et se retrouver avec quelque chose de collant et mou.
La crème fouettée, on l'incorpore seulement avant de servir, pas avant le repos au froid : fouettée trop tôt, elle retomberait en attendant, on perdrait la légèreté qu'elle apporte. Fouettez-la en mousse souple, pas en chantilly ferme à bec, puis mélangez-la délicatement au riz froid et déjà pris : c'est elle qui allège l'ensemble et empêche que ce dessert, après un repas français classique avec son pain et son plateau de fromage déjà bien calant, ne tombe comme une pierre en fin de table.
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